Le bon moment pour agir

Passer un cap en mettant de la conscience dans vos entreprises personnelles.

Le besoin de s’affirmer,… 2 façons de voir

| 2 Commentaires

Dans cet article, je vous fais part de ma double lecture concernant un fait rapporté par un formateur, expert de la voix, Jean Sommer qui relève parmi ses intéressés, un pressent besoin de s’affirmer par la voix.

Aujourd’hui, je reçois le mail de cet ami blogueur qui fait part des réponses qu’il a obtenues suite à un petit sondage fait auprès de ses lecteurs pour mieux connaitre leurs attentes. Cette personne organise des séminaires de prise de parole en public permettant de mieux se poser dans sa voix. Les réponses à son enquête exprimaient très majoritairement le besoin de s’affirmer, d’exercer le pouvoir de sa voix, de tenir sa place, etc… Il faut dire qu’un titre explicité par cet ami pour communiquer, était celui-ci: « Je vous aide à passer devant ». Pour le lire, cliquez ici.

Je me suis posée une question face au résultat du sondage, ce besoin de s’affirmer, voire de s’imposer, d’exister publiquement. D’où viendrait ce déficit d’affirmation de soi, ce manque d’estime de soi qui présiderait à cette demande rapportée, comme quasi impérieuse, de la part de cet ami blogueur ?

Je reprends une de mes lectures récentes pour avancer avec la question et emboiter le pas avec l’auteur*, à l’idée qu’elle pourrait être corrélée à une vision. Une vision de notre temps, où l’omniprésence de l’information vous donne le sentiment que la conscience collective prend le pas sur l’individuelle, le « nous » sur le « je », au point que, chez de plus en plus de gens, le « je » ne sait plus qu’il l’est, au profit d’un « nous » convenu que, d’une seule voix, l’on se mettrait à revendiquer. De plus en plus de gens, n’ayant pas accès à la conscience de leur originalité, demandent alors à s’affirmer… mais ils le font comme tout le monde, c’est-à-dire qu’ils le font pour plaire à autrui et sur des sujets collectifs, fournis par les médias..

J’ai 2 façons de lire ce besoin d’affirmation pressent.

  1. Le besoin de se reconnaître capable d’une prise de parole, au même titre que d’autres qui le prônent parce que c’est leur signe de réussite et dans ce cas parce qu’elle inaugure la sienne. Toujours extrait du même ouvrage « Dans une telle vision des choses, l’on serait « davantage soi-même » si on parvenait à l’être comme les autres, du moins comme ces autres là, à la façon précise dont on prétend l’être dans certains groupes de la société. ». Et là, les soubassements de l’idéologie fournissent les raisons d’une telle motivation à s’affirmer.
  2. Le besoin de découvrir une pratique capable de s’ouvrir une voix, la sienne, celle qui n’est que singulière et que l’on n’aime ou que l’on n’ose…, pour s’essayer à la dire, à sa façon et dans son contenu particulier. Il s’agirait alors ici du plus juste rétablissement d’un « je », moins dilué dans le « nous autres » ci-dessus. Appréhender ce « je », cette subjectivité à l’œuvre pourrait devenir une magnifique opportunité. Mais elle supposerait de s’ouvrir à elle et à lui faire une place. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Cet ouvrage nous rappelle encore avec un bonheur inégalé, « la conscience du caractère absolu de tout individu, né inexplicablement lui-même et seul à l’être en ce monde, dans la durée collective ».

Je n’oserai penser que cette seconde hypothèse soit celle qui explique cet impérieux besoin de s’affirmer mais je rêverai de le croire. Car noble est cette pratique, celle du poète ami blogueur, qui consiste peut-être moins… à maîtriser sa voix, mais plutôt à la faire entendre par un « je », cet « Être Soi » qui côtoie d’autres « Être Soi » innombrables et tout autant uniques. Et ceci serait pour le bien de tous.

*Ma lecture récente est celle de Lucien Jerphagnon dans « De l’amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles ». (chapitre XIX, p230) Ed Albin Michel

 

 

 

2 Commentaires

  1. Bizarrement cet article me fait penser à toutes les fois où la prise de parole serait nécessaire pour un enjeu pratique et où je ne l’ose pas forcément : la prise de parole dans un jury pour dire son avis sur un étudiant et peser sur la décision, la prise de parole dans un transport en commun par rapport à une personne dont le walkman me dérange (et sans doute pas que moi), la prise de parole dans une assemblée où il y a consensus mais qui me semble ignorer un angle de la question, la prise de parole pour corriger un collègue qui manifestement fait une erreur..En fait toutes les occasions où la parole serait moyen d’action pour obtenir un mieux (en tout cas il me semble) et où je n’essaie pas..alors que les enjeux égotiques là devraient être secondaires par rapport à la tâche à accomplir.

    • Oui, il s’agit bien de cela et de la légitime particularité que je m’accorderai si je le faisais. Je parle parce que je relève le défi de ma nature, d’être ce que je suis, ni plus, ni moins, et le célébrer par cette parole adressée. le plus simplement du monde. Merci Nelly.

Laisser un commentaire

Champs Requis *.

*