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Se poser et mettre son attention sur ce qui nous arrive

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Se poser et mettre son attention sur ce qui nous arrive, est-ce agir?

Notre réponse est oui, c’est l’agir du témoin, de l’observateur, de celui qui expérimente de lâcher l’activité au profit de l’attention. Elle contribue à laisser place à de la présence dans nos quotidiens.

Dans quel sens, mettre son attention sur ce qui nous arrive, sans autre but que de se poser là devant nous, présent à soi, à l’écoute de ce qui se manifeste dans l’instant, sans s’y attacher, aussi simplement que cela, est-il un AGIR ?

Je viens de poster une information dans mon site professionnel sur une activité: Se poser et entrer dans son week-end avec l’assurance d’y être !…

Je ne l’ai pas appelée « pratique de conscience ou méditation » car il m’apparait qu’un entrainement à ces pratiques est souvent mal identifié. Pourtant aujourd’hui, son intérêt est incontestable et ses effets sur la qualité de vie de chacun sont indéniables. Un article paru dans Le Point du 21/08/08 en rend largement compte. Une citation extraite du livre de Matthieu Ricard (« L’Art de la méditation », éditions Nil, janvier 2010), en conclut: «L’étude de l’influence des états mentaux sur la santé, autrefois considérée comme fantaisiste, est de plus en plus à l’ordre du jour de la recherche scientifique». Le psychiatre Christophe André nous en a longuement entretenu dans plusieurs de ses livres, sur le thème de la méditation pleine conscience ou Mindfulness.

Mais, influencer nos états mentaux n’est pas le but de la proposition puisque son seul projet est de se poser et mettre son attention sur ce qui nous arrive, afin d’y être. Comme l’expérience de la méditation le propose.

La méditation est simple, mais comme tout ce qui est simple, elle demande un grand investissement personnel. Il faut beaucoup de travail pour trouver la simplicité. Un chanteur, un ébéniste, un sportif de haut niveau diraient probablement la même chose. Le simple se gagne en traversant ce qui l’obstrue. La difficulté propre à la méditation tient à ce qu’elle nous confronte à tout ce qui restreint notre vie. Elle fait apparaître en pleine lumière le cadre étroit où nous nous sommes enfermés, souvent sans même nous en rendre compte. Or nous préférerions que l’on nous réconforte, que l’on nous dise que tout ira bien, que nous allons obtenir tout ce que nous voulons et passer un bon moment. Or la méditation nous confronte à nos difficultés. Elle n’est en rien une sinécure. C’est paradoxalement pourquoi elle est si précieuse. Habituellement, face à cette angoisse de fond, à cette incertitude, nous cherchons à nous enfuir au loin : partir en vacances, regarder la télévision, « communiquer » avec « les autres ». La méditation est une attitude réaliste. Elle nous invite à ne pas rêver les yeux ouverts, à ne plus fuir nos difficultés. A prendre notre vie en main.

Ce texte est extrait d’un article de Fabrice Midal, philosophe, spécialiste du bouddhisme et fondateur d’une école occidentale de méditation

Se poser et renoncer à étiqueter, nos pensées, nos images, nos émotions.

Voici ce que Fabrice Midal nous dit encore:

Méditer consiste en effet à lâcher-prise de toute volonté de saisir ce que nous vivons  — en étiquetant nos pensées, en figeant nos émotions, en s’identifiant à ce qui nous arrive. Ainsi nous ratons un examen et nous en concluons « je suis nul », nous bredouillons en public, « je suis timide », elle me regarde, « je suis aimable ».
Pour faire pleinement l’expérience de ce qui est, tel qu’il est, nous devons abandonner nos idées reçues et nos prétentions. Telle est précisément la ressource de l’attention : observer simplement ce qui est pour le laisser être. En ce sens, l’attention nue est un mouvement qui implique un lâcher-prise.

Quelle est la différence entre réfléchir et méditer ?

Voici comment Fabrice Midal nous le dit:

Réfléchir implique de penser à quelque chose, tandis que méditer consiste à être ouvert à tout ce qui se passe, aux sensations, aux pensées et aux émotions qui nous traversent. Nous ne nous occupons pas du contenu des expériences que nous traversons, nous n’essayons pas d’en tirer une conclusion, de les analyser, mais simplement nous faisons attention à leur manière d’être.
Par cet exercice nous découvrons que nous sommes souvent peu attentifs à ce qui nous arrive, vivant comme en pilotage automatique — et donc peu en rapport à notre propre vie.
Privés d’un rapport réel et vivant à ce que nous vivons, nous prenons bien souvent trop au sérieux les pensées et les émotions qui nous traversent. Pourtant, ce n’est pas nécessairement parce que vous ressentez de la colère que la personne en face de vous exagère ! Méditer permet d’établir un lien plus sain et plus juste à ce que nous vivons, moment après moment, jour après jour.

Établir un lien plus sain et plus juste à ce que nous vivons est une nécessité pressante, dans le contexte de plus en plus questionnant de notre vie sociale.

J’ai choisi localement de proposer une pratique hebdomadaire de ce type car j’en ai l’expérience et j’en sais les atouts.  Se poser et entrer dans son week-end avec l’assurance d’y être !…

…après une semaine d’activités, le plus souvent intense, venir avec son brouhaha et poser son bagage. Et ceci sans aucun autre but que d’être là, présent à soi, à l’écoute de ce qui se manifeste dans l’instant, sans s’y attacher, aussi simplement que cela. C’est ma proposition pour contribuer à mettre son attention sur ce qui nous arrive et à laisser place à de la présence dans nos quotidiens.

Et pour finir, voici une vidéo, qui donne quelques notes de l’atmosphère d’une méditation proposée par Fabrice Midal.

 

Laissez-moi un commentaire et dîtes moi si cet article vous est utile.

3 Commentaires

  1. « le simple se gagne en traversant ce qui l’obstrue ».. cela me fait penser à une réflexion de Jeanne Moreau sur sa pratique d’actrice, d’après mon souvenir elle se comparait à un tuyau (donnant son ampleur et sa résonnance à la beauté et à l’énergie des textes )et disait que le travail consistait à maintenir le tuyau propre.. c’était exprimé avec beaucoup d’humilité.
    en ce qui me concerne je me demande souvent pourtant j’ai tant de résistance à pratiquer ce dont je sais pourtant par expérience les effets bénéfiques… et qui dans ce cas est pourtant très simple à mettre en oeuvre.
    Bises et grand merci de rappeler les essentiels !

  2. J’ai aimé l’idée de « bienveillance envers soi-même » à quoi la méditation peut aider.
    Dans « La…sottise » de Lucien Jerphagnon , c’est la phrase de Marc-Aurèle dans ses Pensées qui a le plus fait tilt pour moi:  » Quelqu’un va me mépriser ? Ce sera son affaire »
    Merci, Martine, de ce travail de recherche que tu nous fais partager.

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